Tu vivais dans un monde en noir et blanc. Avec quelques nuances de gris peut-être. Un monde sans couleur. Jusqu'à ce que. Par une nuit d'hiver, un pommier tout en fleurs. Roses. Tu avais effleuré sa main, son visage, sa bouche. Goûté le rouge de ses lèvres. Étourdies de neige.
mardi 14 avril 2009
lundi 13 avril 2009
Limonade
Elles vendaient de la limonade. Sur le coin de la rue. S'étaient installées à une petite table. Avec leurs citrons bien pressés, leurs verres de plastique et une assiette de biscuits fraîchement sortis de leur emballage. "Pour ramasser des sous pour les enfants pauvres de l'Afrique. Et leur envoyer des petits animaux de compagnie". On ne pouvait que les encourager. Parce qu'à 7 ans, on aurait tant voulu. Nous nous sommes approchées. Avons commandé deux verres de limonade "s'il-vous-plaît" sans demander comment elles enverraient les petits animaux de compagnie là-bas. Mais il ne restait qu'un verre de limonade. Que la petite avait commencé à boire. "On peut partager si tu veux". Elle a versé la moitié de son verre dans un second verre. Déjà utilisé celui-là. Et nous avons dégusté le tout à petites gorgées. En prenant bien soin de ne pas avaler les pépins.dimanche 12 avril 2009
La bascule
Nous ferons de l'océan un parc pour jouer, de nos rives opposées les dossiers d'une bascule. Et d'un élan à l'autre, nous nous partagerons la lumière, tirant tour à tour sur la nuit, puis sur le jour.
samedi 11 avril 2009
Là-bas
Cette nuit, là-bas, tout là-bas, tu célèbreras ton anniversaire, marquant le ciel de voeux secrets. Derrière toi, à mon réveil, quelques gorgées de jour à partager, vingt-sept étoiles sur lesquelles souffler.
vendredi 10 avril 2009
L'oreiller
J'ai mis mon pyjama sous ton oreiller. Pour faire comme si. Comme si tu étais là pour le creuser puis l'écraser puis le déformer encore. Pour le réchauffer aussi. Pour faire comme si. Comme si tu étais là.
jeudi 9 avril 2009
La bicyclette
Tu filerais sur ta bicyclette bleue. Sillonnerais les pages, contournerais les points jusqu'à ce que devant toi, l'horizon se déplie, te révèle sa part de blanc. Tu t'arrêterais parfois. Pour cueillir des mots. Les planterais dans le panier de ta bicyclette, de la terre humide entre les doigts. Tu oublierais quelques taches sur ton passage. Pour faire plus vrai. Puis tu reprendrais ta route, pédalerais très vite pour que les mots respirent. Laisserais leurs pétales s'envoler un à un. Pour que d'un souffle léger le paysage se colore.
mercredi 8 avril 2009
Le départ
Il avait disparu. Un sac sur l'épaule, l'autre derrière, avait aisément passé les portes qui vous sépareraient pour la prochaine semaine. Tu avais agité la main au dernier moment, juste au cas. Il ne s'était pas retourné, trop heureux de s'envoler pour la première fois peut-être. Alors tu avais serré ton écharpe, crispé les doigts, juste un peu, et tourné les talons. Pris le chemin du retour.
mercredi 1 avril 2009
Lou
«De sa fenêtre, en pyjama, Lou regarde le ciel. Elle pense aux belles de nuit et à Théo aussi.
Lou s'endort. Dans son rêve, les belles de nuit grimpent très haut. Elles emportent Lou et Théo jusqu'aux étoiles.»
*** Des nouvelles de Lou. Bientôt. ***
mardi 24 mars 2009
Brisures
Une petite fille brisée. Emportée par la mer. Sur la plage, quelques miettes. Des coquillages. Éclats de ciel. Un petit bout de fil. Effiloché. Comme une corde qui ne saurait plus danser. Là-bas, des chants de marelle, quelques couleurs oubliées. Du rose, un peu de vent, la rivière. Mes ongles dans la terre. Et ce ciel d'été. Au café, soir de neige. Une tasse de chocolat dont on aurait oublié de faire chauffer le lait. Gorge sèche. Cœur tremblant. Son sourire lointain. Trop de nuits sur la corde. En équilibre. Seule à deux. L'hiver. Mes cheveux noirs. Tes yeux dans la tempête. «Attends» Le printemps, joues humides. Et la rivière toujours. Mes lèvres crispées tout près du feu. Puis sous l'escalier. «Oublie» Quelques étoiles par temps gris. De la boue sur les joues. Pleurer le rouge des feuilles. Le grincement froid du trampoline. Demain la ville. «Tu viendras?» Derrière, la cabane, le bord de l'eau. Devant, une tour, du béton. Automne.
lundi 23 mars 2009
vendredi 20 mars 2009
La cinquième saison

«Ton lit, perdu dans l'océan des livres dispersés, c'était notre refuge, un peu cabane de l'enfance, ou l'éternel radeau de ces naufrages imaginaires ... Je me souviens du temps qu'on a laissé passer dans l'île de ta chambre»
«Et puis, au fil des pages, on découvrait une maison, baignée de soleils d'hiver, et le bleu et le blanc dansaient sur des choses très simples»
«... comme une odeur de café chaud dans le désordre des couleurs, j'avais ma place au creux de ta cuisine»
«Ta voix glissait sur le silence. Je te regardais de dos: tes gestes lents dans la cuisine, avec la lampe boule en papier rose. Odeurs mêlées de citron, de cannelle, c'était toi dans le rose pâle d'une lampe de papier»La cinquième saison de Philippe Delerm : à lire
a b s o l u m e n t.
Philippe et le bonheur

«... on est amoureux qu'à bicyclette»
Philippe Delerm
La journée serait consacrée à la maison de livres. Quelques formulaires à compléter, tant de manuscrits à feuilleter. Et puis finalement. Il vaudrait mieux rester à la maison. Pour les lectures. Plus pressantes, celles-là. Avec l'université qui reprendrait bien un jour. Mais tout à coup, se balançant sur le crochet du couloir, un petit sac rempli de livres à faire rêver. Les livres d'Anna, oubliés là depuis l'automne. Il serait bon de les lui rapporter avant le printemps. Aujourd'hui? Demain? Pas le choix. Il n'y aurait ni maison de livres, ni lectures sérieuses. Que des jardins de mots, des fleurs de papier. Ne restait plus qu'à s'y plonger.
«Chez Philippe Delerm, le bonheur est indissociable de la mémoire, de cette lutte de tous les instants pour échapper au vide, à l’anonymat. Indissociable également du regard que nous portons sur notre vie, sur les gens qui la traversent, certains sans laisser de traces et d’autres qui en modifieront parfois le cours irréversiblement. Indissociable surtout de tous ces plaisirs minuscules qu'il sait si bien décrire»
mardi 17 mars 2009
Cabanes
«Beaucoup de gens dans ce monde habitent des maisons de briques et peuvent ignorer le monde extérieur. Mais mon esprit demeure sous les arbres, à ciel ouvert, reçoit directement les messages que lui apporte le vent, et, du fond de son être, répond à toutes les cadences musicales de la lumière et de l'ombre»Rabindranath Tagore, La maison et le monde
Pour Anna
Chère Anna,As-tu entendu, ce matin, les pas sur le toit? Ce n'était pas ton funambule, loin de là. Plutôt des raccommodeurs de ciel, voilà. Apparus aux aurores, ils ont fait fuir les étoiles et dévier le tracé des oies sauvages. Depuis, ils font vibrer les murs et s'effriter les plafonds. Ici, il pleut des cailloux. J'ai fermé la porte du vestibule. Juste au cas. Et je croise les doigts. Pour que tout finisse très vite. En attendant, je prépare des paniers de cailloux. Je t'en garde un tout près. Pour ton balcon, cet été.
Je pense à toi,
Marie
Je pense à toi,
Marie
dimanche 15 mars 2009
Les rideaux de pluie

La cabane-maison devrait rester dans l'arbre. Tu partirais. Laisserais derrière la petite véranda et les rideaux de pluie, l'aquarium du vestibule et les grandes symphonies. Tu partirais. Empilerais les boîtes pour une maison au toit bien découpé. T'agripperais à la grande échelle sans plus regarder. En espérant que les plafonds, là-bas, ne soient pas tout aussi barbouillés de nuages.
vendredi 6 mars 2009
C'était l'été
Il y avait la rivière et le trampoline, la grotte hantée et le quai pour rêver. Et ces cabanes fragiles, tout là-bas sur la grève, comme des maisons d'enfants, pour jouer, oublier. C'était l'été. Un soir de septembre, nous étions revenus. Dans la tempête, des babioles oubliées, nos pas contre les planches fatiguées de la cabane. Derrière nous, la porte avait grincé. Une toute dernière fois. C'était la fin. La fin de ces étés.
jeudi 5 mars 2009
Vous attendre
Je vous attendrais à la porte. Avec une robe légère et un bouquet de fleurs. Par la fenêtre, les oiseaux se seraient remis à chanter, la cigale sortirait des limbes. Le ciel serait bleu et vous arriveriez, un à un, comme un jour de printemps. Je vous attendrais. Et soudain, vous seriez là. Tous là.*Oui, c'est mon aquarelle que vous admirez à l'instant ;)
mercredi 4 mars 2009
La fin de l'Atelier
Tu aurais un nouvel atelier. Un atelier secret où les mots pourraient fleurir à l'abri des regards. Un atelier de papiers, de découpes et de coloris. Juste pour toi. L'Atelier Bleu fermerait ses volets. Juste un peu. Pour un temps.
vendredi 27 février 2009
La grande symphonie
Il pleuvait. Dans l'aquarium du vestibule, les courants étaient de plus en plus forts, emportaient les étoiles en petits tourbillons. De l'autre côté de la porte, les armoires étaient vides et le plancher du salon, recouvert de chaudières, de bacs, de pots, de bols et de tasses de toutes sortes. Le plafond était troué de ciel. Il y aurait une grande symphonie.
jeudi 26 février 2009
jeudi 19 février 2009
Les maisons-îles
Tant de maisons derrière toi. Portes closes, rideaux tirés. Des maisons coupées du monde. Avec leurs rêves et leur mémoire. Des maisons à la dérive. Bleus enfuis. Tatous mouvants. Comme des petits bouts de toi. Des maisons-îles. Éparpillées. Comme des petits bouts de moi. Grains de sable sur fond de vent.
mercredi 18 février 2009
lundi 16 février 2009
La belle histoire
On racontait une histoire en bas. Chez les voisins. Des Portugais. Ils parlaient fort. Je ne savais pas si c'était une belle histoire. Peut-être à cause de cette langue que je ne comprenais pas. J'avais tout arrêté. Pour écouter. Cette histoire qui devait être belle. Qui devait finir bien. C'est là qu'ils se sont tus. Dans ma cuisine, je n'entendais plus. Ils chuchotaient. De la belle histoire, il ne restait qu'un souffle. Quelques remous. Un courant froid sous le linoléum. Je me suis étendue sur le sol. Lentement. Pour écouter. La belle histoire. J'ai fermé les yeux. Pour bien entendre la fin. Une fin heureuse s'il-vous-plaît.
samedi 14 février 2009
L'armoire
Une armoire. Un peu sale et sombre aussi. Avec une porte craquelée. Une armoire basse. Qui exige que l'on s'accroupisse pour en découvrir les secrets. À genoux sur le ciment froid, j'en avais effleuré la porte. L'avais fait grincer, très lentement. À l'intérieur, des pots de grès empilés, mais aussi. Les marguerites désséchées de l'été dernier. Et une petite plante parapluie. En fleurs.
jeudi 12 février 2009
L'aquarium
C'était la nuit. Une nuit de presque printemps. De pluie. Je dansais sur un rythme lent et étrange. Portais de longues jupes. Jouais des castagnettes. Plic ploc. Tu as sursauté avant moi. Interrompu ma danse. De l'eau. Fait s'évanouir mes jupes. Le vestibule. S'envoler les castagnettes. Encore.
Pieds nus, nous avons découvert le trou béant qui avait remplacé notre plafond. Un trou pour voir le ciel. Pour accueillir les oiseaux, le soleil, les papillons. Et la pluie. Notre cabane-maison s'était ouverte au dehors. Et nous avions de l'eau aux chevilles. J'ai dit "ça sent la mer".
De petits tourbillons se formaient entre mes orteils. Caressaient les algues apparues dans mes bottes. Emportaient les poissons prenant vie dans les tiennes. Tu as demandé "et si on coule?" Mais nous n'avions pas de bateau. Qu'une cabane-maison qui prenait l'eau.
J'ai refermé la porte vitrée du vestibule. Pour que le ciel s'y déverse. Tranquillement. Et qu'on y regarde tomber les étoiles. Les pieds au sec.
Pieds nus, nous avons découvert le trou béant qui avait remplacé notre plafond. Un trou pour voir le ciel. Pour accueillir les oiseaux, le soleil, les papillons. Et la pluie. Notre cabane-maison s'était ouverte au dehors. Et nous avions de l'eau aux chevilles. J'ai dit "ça sent la mer".
De petits tourbillons se formaient entre mes orteils. Caressaient les algues apparues dans mes bottes. Emportaient les poissons prenant vie dans les tiennes. Tu as demandé "et si on coule?" Mais nous n'avions pas de bateau. Qu'une cabane-maison qui prenait l'eau.
J'ai refermé la porte vitrée du vestibule. Pour que le ciel s'y déverse. Tranquillement. Et qu'on y regarde tomber les étoiles. Les pieds au sec.
lundi 9 février 2009
Se perdre
Tu étais entrée dans cette salle en cherchant ceux que tu avais connus onze ans plus tôt. Mais tu n'avais reconnu personne. Que des adultes. Figés devant les photos de l'amie disparue. Alors, tu avais fouillé les visages. Lentement. Puis soudain. Tu avais vu M. puis S. puis J. puis encore C. ... Ils étaient là. Tous là. Le regard brisé. Les joues tristes. Parmi les chemises et les robes noires. Ils étaient là. Tous là. Dans leurs grands corps d'adultes. Et tu l'avais trouvée triste, la vie. Triste, oui.
mercredi 4 février 2009
Extrait de carnet * 4
J'écris pour cette vie "que l'on ne peut atteindre qu'à travers l'écriture". J'écris pour respirer le mauve du jour. Pour transformer mes peurs en volcans et les escalader, sous le regard bienveillant des étoiles. J'écris aussi pour recoller les morceaux. D'une petite fille un peu brisée peut-être. D'une petite fille transformée en adulte. Et qui cherche un sens. Un fil. Le petit pont qui relie à l'avant, à l'hier. Écrire pour recoller. Pour recoudre. Mes petits bouts de vies. Mes petits bouts de mondes. Tant d'histoires à recolorer. Tant d'images à redécouper. Pour réinventer ma grande histoire. Encore et encore. Et m'y réfugier. La nuit venue.
Extrait de carnet * 3
Écrire, donc, avec pour seuls ancrages quelques étoiles, trois volcans et le bleu de l'ailleurs. Écrire sans forme, sans limite, sans genre. Écrire. Ce qui vient, ce qui va, ce qui émerge aussi, de très loin parfois, et qui s'étend, mot à mot, sur les pages de mon carnet. Je capte et j'écris. Les images, les murmures, les silences, les couleurs. Mais j'invente aussi. Le bonheur et la douleur. Sans me demander ce que c'est. Sans me demander pourquoi ou comment. J'écris. Je ne fais pas de littérature, ce mot bien imprécis qui rythme tant ma vie d'étudiante que celle de la maison de livres où je travaille. J'écris. Pas pour les autres. Mais pour moi. Pour écrire.
Extrait de carnet * 2
Un jour, mes petits bouts de mots, mes morceaux de temps, trouveront eux-aussi leur motif. Et le fil qu'il leur faut. Alors, mes maisons, mes volcans et mes horizons auront trouvé leur place, leur couleur, dans ma grande histoire réinventée. Ce sera ma courtepointe. Ma courtepointe de mots.
En attendant, j'écris. Encore et encore. Je trace les lettres une à une, découpe mes images, les recolle, les colore. Formant ainsi un joyeux fouillis. Ce fouillis, c'est ma liberté à moi, mon coffre à idées, mon inventé. Ce fouillis, c'est mon trajet rempli de détours, ma carte sans point ni étoile. La boussole sans aiguille qui me laisse avancer.
En attendant, j'écris. Encore et encore. Je trace les lettres une à une, découpe mes images, les recolle, les colore. Formant ainsi un joyeux fouillis. Ce fouillis, c'est ma liberté à moi, mon coffre à idées, mon inventé. Ce fouillis, c'est mon trajet rempli de détours, ma carte sans point ni étoile. La boussole sans aiguille qui me laisse avancer.
Extrait de carnet * 1
Assise dans ma véranda, je surveille mes chatons qui dorment au soleil. Dans l'arbre, derrière, un oiseau chante. Et cette odeur de printemps qui me donne des ailes. Combien de matinées passées ici à écrire? Combien de pages, de lignes, de mots? Chaque jour, j'écris. Des petits morceaux d'histoires, des petits bouts de vies. Chaque jour, par petites découpes. Je me demande souvent où cela me mènera. Je me dis que je finirai bien par trouver le fil qui saura rassembler tous ces morceaux. Un fil de la bonne grosseur. De la bonne couleur aussi. Un fil solide.
mardi 3 février 2009
Partons
Partons. J'ai mis ma robe fleurie. Avec les pétales mauves. Toi, ton chandail vert. Un arbre. Des feuilles. Partons. Devant, la route. Là-bas, l'horizon. Très loin, notre côte. Te souviens-tu.Au nord. C'était l'été. Le bout du monde. Une famille. Cette cabane. Pour nous. Sur la plage. Te souviens-tu. Les étoiles. Les aurores. Et ce géant sur sa chaise. Toutes ses histoires. Palourdes en poche. Le pêcheur. Les baleines. Son bateau. Les glaciers. Tous les soirs. Pour rêver.
Partons. La route. Ses sapins. Le matin. Un peu plus loin. Et la route. La route. Jusqu'à loin. Très loin. Invitons la famille. La famille de là-bas. La commère. L'épicier. Les petits. Le capitaine. Tous ces visages. Et l'homme aux histoires. Pour qu'il nous raconte. La vie. La mer. Les îles. Leurs secrets. Pour qu'il nous raconte.
Et qu'au milieu de nulle part, nous unissions nos histoires.
mercredi 28 janvier 2009
Une maison
D'abord une maison. Pour écrire. Juste à côté du monde. Juste à côté de moi. Une maison étrange. À la fois très grande et très petite. Qui ne ressemblerait à rien. Avec des tiroirs à ouvrir, des coffres à dépoussiérer, des breloques à effleurer. Une maison qui se transformerait au fil des mots, des histoires. Des briques. Un peu de bois. De la paille peut-être. Une maison ouverte sur le monde. Une maison au toit ouvert.
Un voyage

Il suffirait de gonfler ton ventre. Comme un ballon. Pour bien sentir l'air s'y mouvoir. Il y aurait des vents très chauds. D'autres plus froids. Qui souffleraient en toi. Doucement. Tu glisserais vers l'horizon. Te laisserais dériver. Jusqu'à ce qu'un courant t'accueille dans son sillon. Les marées t'emporteraient. T'abandonneraient parfois. Le temps d'une île. Ou deux. Pour dégonfler ton ventre. Un peu. Puis repartir. Ce serait simple, très simple. Il suffirait de gonfler ton ventre. Comme un ballon.
mardi 27 janvier 2009
Pour écrire - Duras
"Dans la maison c'était au premier étage que j'écrivais, je n'écrivais pas en bas. Après j'ai écrit au contraire dans la grande pièce centrale du rez-de-chaussée pour être moins seule, peut-être, je ne sais plus, et aussi pour voir le parc"
Marguerite Duras - Écrire
Les volcans
Nous avions traversé la vallée. Le regard perdu dans l'infinité de la nuit. Nous marchions lentement, palpant le paysage un pas à la fois. Au loin, le grondement sourd des volcans endormis. Ils respiraient. Des géants. Assoupis. C'était une nuit comme toutes les autres. Une nuit comme nous les aimions. Étendus dans la vallée, nous avions fermé les yeux. Le souffle du vent s'était mêlé à celui des géants. Les étoiles s'étaient éteintes et les volcans, parés de mauve et d'orangé.
lundi 26 janvier 2009
Les volcans
Tu avais chez toi cette vieille commode dont le miroir avait été terni par le passé. Tu aimais en ouvrir les tiroirs, y respirer les effluves du temps, caresser les couleurs d'avant. Tu y aurais passé tes journées. Ouvrir, retrouver, découvrir. Tes tiroirs. Tous sauf un. Fermé à clef. À l'intérieur, trois volcans fumaient, encore.
yael naim
samedi 24 janvier 2009
Pour écrire - suite
Tu écrirais du milieu de ton petit monde, entre les pots de caramel et les plantes parapluies, le chant de la bouilloire et les éclats du dehors. Tu mêlerais leurs histoires à la tienne, réécrirais tout, chaque jour, un peu plus. Laisserais son silence à la petite chambre. Te réfugierais ici. Pour que tes mots se colorent, pour que tes mots prennent vie.
Pour écrire - suite
Ce matin-là, tu avais pris avec toi ton carnet, le plus joli, et quelques livres, pour les avoir tout près. Tu avais quitté la petite chambre, ta table, sa fenêtre, le rideau, avais fait craquer le plancher, un pas à la fois, jusqu'à la cuisine.
Pour écrire
Tu aurais cet espace juste pour toi. Un petit coin tapissé de tes images, une grande table, cette immense fenêtre et son rideau fleuri. Un lieu comme tu en aurais toujours rêvé. Une chambre à toi. Avec tes livres jusqu'au plafond et tes boîtes de papiers, de rubans et de brillants tout près, juste au cas.jeudi 22 janvier 2009
Le fil de l'histoire
Toujours, ce gros fil rouge qui réapparaissait. Dans ma poche, noué à mon lacet, puis à l'anse de ma tasse, au café. Et partout, dans la boîte à thé, sous le frigo, dans mon tiroir, ou virevoltant à la fenêtre, ces petits morceaux de souvenirs frippés, décousus, rapiécés. Sur le pas de ma porte, ce matin-là, le facteur avait déposé une enveloppe bleue. Pieds nus dans la neige, je l'avais décachetée, très lentement, et avais vu s'envoler au vent un nuage de petits papiers blancs.
mardi 20 janvier 2009
Le baiser
Elle voulait écrire sur l'amour. Sur ce qui restait de l'amour, de ses amours. Elle voulait écrire sur un amour d'été. Sur un amour passé, avec un peu de présent toutefois. Il y aurait les "te rappelles-tu" et les moments là-bas. Il y aurait le souvenir d'une rencontre, de sourires, d'un bonheur. Mais le baiser, lui, serait au présent.
lundi 19 janvier 2009
La cabane-maison
Nous habitions un petit bout de maison. Tu appelais ça notre cabane-maison. Et ça me faisait rire. Quelques morceaux de murs, un plafond aux mille plic-ploc, du vent entre les orteils... Nous y étions bien. Notre cabane aurait pu être perchée au sommet d'un arbre ou piquée entre deux sapins, la vie n'aurait été que plus belle. Vivre pour jouer ou jouer pour vivre. Dans notre petit bout de monde, le but du jeu, c'était d'être heureux.
dimanche 18 janvier 2009
Et si ...
J'ai cette étrange voisine aux longs cils et aux cheveux un peu gris. Au sourire de princesse et au cœur rempli d'histoires. Une petite fille devenue grande, mais pas tellement quand on y pense. Une princesse tombée dans un monde où le rose manque parfois aux joues.
De mon côté du mur, souvent, je ferme les yeux et tente de deviner ce qu'elle peut bien être en train d'imaginer. C'est dans ces moments qu'un funambule passe son chemin, sur ma corde à linge, ou que là-bas, aux balançoires, un amoureux secret soupire. C'est comme ça, avec Anna. Comme ça.
Et si les princes charmants n'existaient pas pour vrai ...
De mon côté du mur, souvent, je ferme les yeux et tente de deviner ce qu'elle peut bien être en train d'imaginer. C'est dans ces moments qu'un funambule passe son chemin, sur ma corde à linge, ou que là-bas, aux balançoires, un amoureux secret soupire. C'est comme ça, avec Anna. Comme ça.
Et si les princes charmants n'existaient pas pour vrai ...
vendredi 16 janvier 2009
Mon atelier imaginaire * 1
Mon atelier serait bleu, tout bleu. Avec de grandes fenêtres pour laisser passer la lumière. Dehors, il y aurait du ciel, beaucoup de ciel, et de l'eau aussi, jusqu'à très loin, pour mieux voir l'horizon.
Mon atelier serait rempli de vents. Des vents de la mer et de ses ailleurs. Pour faire danser les voiles suspendus aux fenêtres. Des vents du matin et de la nuit aussi. De vents qui sentiraient bon le temps.
Mon atelier serait rempli de vents. Des vents de la mer et de ses ailleurs. Pour faire danser les voiles suspendus aux fenêtres. Des vents du matin et de la nuit aussi. De vents qui sentiraient bon le temps.
mercredi 14 janvier 2009
Janvier
Janvier. Sur ma porte, encore, la décoration de Noël confectionnée par ma mère. Sur ma porte, encore, ces branches de sapin, ces boules éraflées par le froid, ces petits pompons de laine d'il y a si longtemps. J'étais petite. Sur la table de la cuisine, déjà, ma maman ressortait, un peu après la neige, juste avant les lumières, sa boîte de rubans, de boules et de petites figurines de bois. Dans la maison, des effluves d'hiver et des aiguilles vertes partout, sur la table et en dessous aussi. J'étais petite et pourtant. Janvier. Sur ma porte encore ... et jusqu'au printemps, peut-être.
mardi 13 janvier 2009
Tic tac
Il fallait reprendre. Reprendre du tout début. Écrire au plus près, au plus petit. Écrire. Revoir une à une les découpes de l'enfance et les retisser fleuries, puis carrelées, puis lignées. Écrire par petits morceaux, par petits bouts de temps. Par petites étoffes à recoudre serrées avec un gros fil rouge. Il fallait reprendre. Fermer les yeux et retrouver.
dimanche 11 janvier 2009
Tracés
Je colle ton corps contre mon cœur. Sur un mur bleu, ta silhouette. Je te trace jaune, un bout de craie. Je souffle sur toi. Ne t'envoles pas. Contre ton coeur, j'ai vu le jour, s'éteindre là-bas, si près de toi. Puis sur la rue, dans un grand vent, ton soleil vert, s'éparpiller. Au parc, ce soir, des arbres sans feuilles. Et toutes ces branches, piquées d'étoiles. Pour toi, pour moi, la patinoire, mes patins bleus, nos élans blancs. Main dans la main, quelques tracés, et tout un ciel pour dessiner.
Billes et boutons
Je fais des bijoux, depuis quelques temps déjà. Avec des billes, mais des boutons surtout. Les vieux boutons de ma grand-maman disparue, et ceux de mes tantes aussi. Un jour, j'aurai ma propre collection. Ma collection de bijoux de boutons, de bijoux souvenirs. Un jour, vous les retrouverez dans une petite boutique, très loin d'ici, tout près du fleuve. Un jour...
Carnets incongrus
D'abord des mots, des mots si beaux.
Des histoires aussi, par ficelles, par broderies.
Pour une vie tout en contes
De l'amour, de la magie....
Parce que c'est beau, vraiment très beau.
Carnets incongrus.
Des histoires aussi, par ficelles, par broderies.
Pour une vie tout en contes
De l'amour, de la magie....
Parce que c'est beau, vraiment très beau.
Carnets incongrus.
vendredi 9 janvier 2009
mercredi 7 janvier 2009
Pour Sissi
Chère Sissi,
J'ai passé de belles vacances aussi. Il y a eu de la neige, et du vent surtout. Dans la cuisine, les guirlandes de lumières restaient allumées jusqu'à bien tard dans la nuit, lorsque même les histoires, épuisées, s'étaient effacées. J'ai enfilé des billes de toutes les couleurs sur des fils infinis, réouvert ma boîte aux poussières et compté un à un les boutons dorés de ma grand-maman disparue. Ça sentait bon le souvenir. Je me suis vite remise de mon vilain rhume. Et j'ai retrouvé mes patins bleus. Ceux avec les lacets brillants. Sur la glace, nous avons tracé de grands cercles blancs et salué les arbres, le nez en l'air. À travers leurs branches, les étoiles nous souriaient. Et nous aussi. Je me suis dit que c'était peut-être ça, les vacances, en venir à sourire aux étoiles, simplement.
À bientôt,
Marie
J'ai passé de belles vacances aussi. Il y a eu de la neige, et du vent surtout. Dans la cuisine, les guirlandes de lumières restaient allumées jusqu'à bien tard dans la nuit, lorsque même les histoires, épuisées, s'étaient effacées. J'ai enfilé des billes de toutes les couleurs sur des fils infinis, réouvert ma boîte aux poussières et compté un à un les boutons dorés de ma grand-maman disparue. Ça sentait bon le souvenir. Je me suis vite remise de mon vilain rhume. Et j'ai retrouvé mes patins bleus. Ceux avec les lacets brillants. Sur la glace, nous avons tracé de grands cercles blancs et salué les arbres, le nez en l'air. À travers leurs branches, les étoiles nous souriaient. Et nous aussi. Je me suis dit que c'était peut-être ça, les vacances, en venir à sourire aux étoiles, simplement.
À bientôt,
Marie
Où est Lou?
Vous vous inquiétez. Il ne faut pas. Lou n'est pas partie.
Derrière son géant gris, elle attend. Avec ses nuages et ses étoiles.
Elle attend une petite place pour elle.
Et pour laisser grimper ses belles de nuit, aussi.
Avec son papillon, le vent, son coquillage, elle reviendra.
Et Théo, Safran et Pastel aussi.
Derrière son géant gris, elle attend. Avec ses nuages et ses étoiles.
Elle attend une petite place pour elle.
Et pour laisser grimper ses belles de nuit, aussi.
Avec son papillon, le vent, son coquillage, elle reviendra.
Et Théo, Safran et Pastel aussi.
dimanche 4 janvier 2009
Pour J.
À corps bleuté
tu marches
en nuit libre
.
Écoute
ce rythme chaud
qui te berce
.
respire
.
le roulis de la rivière
le chant du chemin
qui, sans heurts
te ramènera
toujours
ici
lundi 29 décembre 2008
Les oiseaux
Au jardin
quelques miettes
la neige
les brindilles
le murmure
du grand chêne
s'étirant
dans le froid
Sur le bleu
un rêve blanc
à portée
de paysage
La mangeoire
n'abrite plus
le chant
des oiseaux
quelques miettes
la neige
les brindilles
le murmure
du grand chêne
s'étirant
dans le froid
Sur le bleu
un rêve blanc
à portée
de paysage
La mangeoire
n'abrite plus
le chant
des oiseaux
Lou
C'est les vacances.
J'ai retrouvé mes carnets, mes billes, mes pastels.
J'écris une histoire, toute petite.
L'histoire de Lou, une vie de Lou.
J'ai retrouvé mes carnets, mes billes, mes pastels.
J'écris une histoire, toute petite.
L'histoire de Lou, une vie de Lou.
vendredi 12 décembre 2008
Quelques jours ...
Plus que quelques jours et ce serait les vacances. Dès lors, elle rangerait les livres au placard, ne garderait sur sa table que ses carnets et couleurs. Dès lors, la vie reprendrait son cours, les jours retrouveraient leurs heures. Il y aurait les promenades et les chocolats chauds, les réveils lumineux et les histoires, tard le soir. Plus que quelques jours et la neige et les fêtes seraient à elle, plus qu'à elle.mercredi 10 décembre 2008
mardi 9 décembre 2008
toile d'hiver
Alors que par la fenêtre, les blancs de l'hiver recouvraient le paysage, elle avait sorti de ses boîtes, de ses carnets, tous ses mots, tous ses traits, les avait étalés, papiers épars, sur le plancher.Il lui fallait retravailler les bleus, les noirs, toucher de nouveau ses traces sur le blanc, avant qu'elles ne soient recouvertes elles-aussi.
Elle avait noué, un à un, de petits bouts de laine trouvés au fond d'un grand tiroir. En avait accroché une extrémité, puis l'autre, au cadre de la fenêtre.
Dehors, le paysage, déjà, n'était plus le même, toile de fond.
Sous la table, les chatons avaient trouvé quelques bouts de laine oubliés et trottinaient, trésors en bouche.
Ses épingles à la main, elle s'était mise à la tâche, superposant ses paysages à la toile, ballet blanc.
Bientôt, ses mots bleus, ses traits noirs, tatoueraient les aplats du dehors, animeraient l'hiver de ses traces, de ses pas.
dimanche 7 décembre 2008
samedi 6 décembre 2008
les brindilles
Le printemps, puis l'été, reviendraient peut-être. Il suffisait d'y croire, de voir en la lumière l'augure de jours plus jaunes après les blancs de l'hiver. Elle avait conservé chez elle quelques brindilles bien sèches qu'elle tresserait en attendant le retour des matins mauves. Elle y glisserait de petits morceaux de tissus colorés, ceux de ses robes et de ses nappes, capturant ainsi entre les brins tous ses manques à voir, à toucher, à sentir, de la couleur subtile du vent de mai aux épis rougis par le soleil, soir d'août. Tout l'hiver, elle lisserait puis tirerait puis croiserait puis serrerait ses brindilles les unes contre les autres, y entortillerait ses petits bouts de printemps, puis d'été, jusqu'à ce que tout y soit, jusqu'à ce qu'il n'y manque plus rien. Alors, il ne resterait plus qu'à les accrocher, lourdes de leurs saisons, aux poutres du balcon pour que le vent froid les caressant, s'y réchauffe, étonné.vendredi 5 décembre 2008
jeudi 4 décembre 2008
Brunante
Tu tournoierais dans la brunante, striant le ciel de rainures d'or, tu tournoierais sans t'arrêter, yeux clos, lèvres scellées, tu tournoierais pour tous les autres, corps hélice, bras ailés, tu tournoierais à perte de sens, souffle court, cœur silence, tournoierais jusqu'à la fin, pour que le monde, tout autour, tournoierais jusqu'à la fin, pour qu'étourdis tombent les jours.mercredi 3 décembre 2008
mardi 2 décembre 2008
L'Amoureux 3
Il y aurait des lumières partout. L'Amoureux le lui avait promis.À la fenêtre, dans les arbres, au ciel, tout autour.
Il y aurait des lumières partout.
Alors l'Amoureux avait enfilé sa cape, sa cape pour voler, et avait tourné très vite sur lui-même...
De sa fenêtre, la fée l'avait vu tournoyer dans les airs et s'élever très haut dans la nuit.
C'était une nuit noire, une nuit sans étoile.
Elle avait fermé les yeux puis les avait réouverts aussitôt.
C'est alors qu'une pluie de fils scintillants avait troué le ciel d'or.
À la fenêtre, aux arbres, dans le ciel, tout autour, leur regard n'étaient plus que lumière.
coups de coeur
Dans une semaine, en classe, il me faudra lire quelques textes de création. J'aimerais peut-être en piger un, deux, ou trois, ici et là sur ce blog. Et je me suis dit que vous pourriez m'aider à en choisir, qu'il serait bien de voir lequel ou lesquels vous ont touchés, marqués, fait plaisir.Ça vous tente?
La maison
lundi 1 décembre 2008
L'anniversaire
Elle s'était éveillée, le cœur battant, comme lorsque toute petite, elle courrait, dès l'aube, vers le lit de papa et maman, pour se blottir entre leurs bras, puis déballer ses cadeaux avant même que le soleil ne se lève.C'était son anniversaire.
À ses côtés, l'Amoureux dormait toujours, ses rêves encore frais sur le visage. Les petits chats, sous la couette, ronronnaient, cœurs paisibles. Sur la commode, une enveloppe, puis deux, quelques cadeaux tout emballés. Ceux de papa et de maman qui, dans leur lit, loin là-bas, étaient aussi, bien éveillés.
L'anniversaire
Au réveil, de jolies cartes, des mots doux de très très loin.De beaux papiers à déchirer, du fleuri sur l'oreiller.
Les petits chats, sur la couette, s'agitent, rubans aux pattes.
Matin sucré, matin de fête.
Sur la table, une chandelle.
Matin de fête, matin lumière.
Le petit gris a les moustaches roussies.
dimanche 30 novembre 2008
La neige
samedi 29 novembre 2008
Vision
De nouveau ces matins, tout sourire, sous la couette, ces levers, pieds nus, dans la cuisine déjà lumière, ces longues marches sous le ciel pour aller, puis revenir ...Elle retrouverait sa rivière, ses champs, sa tuque et ses mitaines, ne craindrait plus le temps, joues rosies, yeux brillants ...
Sortirait ses billes et ses boîtes à boutons, ses ficelles, ses bobines, ses pastels à émotions. Reprendrait ses toiles, ses tablettes et ses papiers, s'y tracerait couleurs, sans attendre, éveillée ...
Elle fouillerait le jour, ses aplats, sa lumière, trouverait les mots pour reprendre la route, trouverait les mots pour reprendre à nouveau, ses carnets, ses crayons, son regard, sa vision .
jeudi 27 novembre 2008
Envolée
mercredi 26 novembre 2008
Échos
mardi 25 novembre 2008
vendredi 21 novembre 2008
Poussière
jeudi 20 novembre 2008
L'herbier - essai
mercredi 19 novembre 2008
Partir 2
Elle partirait. Pour son île. Demain, tantôt peut-être. Elle partirait. Avalerait des kilomètres de route et de route, traverserait les montagnes et les rivières et les plaines, roulerait jour et nuit, pour y être. Pour y être. Elle partirait. Retrouverait la mer et son quai et ses rochers. Malgré le vent, malgré l'automne. Elle partirait. Puis il n'y aurait plus qu'elle, plus qu'elle et le ciel, et le sable, et les grands arbres. Plus qu'elle et ses toiles et sa fougue, et sa tempête. Elle partirait. Noierait son regard dans les bleus et les verts et les gris de ses bocaux. Y diluerait sa peine comme on trempe un pinceau.lundi 17 novembre 2008
L'Amoureux 2

Lorsqu'il avait monté les escaliers menant à leur château, il n'avait vu aucune lumière à travers la fenêtre. À l'intérieur, il avait dû faire appel à ses pouvoirs pour la retrouver tant il faisait sombre.
Sa fée était malade, bien malade.
Alors, il avait empli la noirceur d'une douce chaleur, laissé de côté sa voix très grave de super-héros et pris celle, plus douce, d'Amoureux pour lui chuchoter un rêve, puis deux.
Puis, il avait revêtu sa cape, sa cape pour voler, et tourné très vite sur lui-même ...
Au réveil, la fée avait de nouveau quelques étoiles au regard.
Dehors, le ciel semblait plus bleu que noir. Il neigeait.
Sa fée était malade, bien malade.
Alors, il avait empli la noirceur d'une douce chaleur, laissé de côté sa voix très grave de super-héros et pris celle, plus douce, d'Amoureux pour lui chuchoter un rêve, puis deux.
Puis, il avait revêtu sa cape, sa cape pour voler, et tourné très vite sur lui-même ...
Au réveil, la fée avait de nouveau quelques étoiles au regard.
Dehors, le ciel semblait plus bleu que noir. Il neigeait.
Murmures
À chaque fois, c'était la même histoire. Sur la rue, malgré le froid, les colis, les passants, elle figeait devant la vitrine. C'était l'atelier. L'atelier d'Emmanuelle. Un petit coin de rêve où ça sentait bon la terre cuite, où les couleurs se faisaient murmure. Du trottoir, elle ne pouvait quitter des yeux toutes ces tasses, tous ces pots, tendait la main malgré la vitre, comme pour toucher leurs motifs, saisir une part de leurs courbes. Du brun, du bleu, du vert. Elle aurait aimé entrer et porter l'un des morceaux à son oreille. Y capter le souffle de la terre.dimanche 16 novembre 2008
Estompes
Les matins d'atelier lui manquaient. C'était l'omniprésence de la musique peut-être, ou le plaisir de tacher ses doigts. Et il y avait sa main tremblante, ces courbes, si vraies, là, devant, cette réalité soudaine du trait, plus vibrant, lorsque le modèle la regardait. Elle aimait travailler les corps, les effleurer d'abord, puis les modeler d'ombre et de lumière. D'une touche à l'autre, les pastels, sur ses doigts, puis sur son front, puis sur ses joues, la coloraient un peu de cette chair à saisir.samedi 15 novembre 2008
Partir 1
Il était parti. Sans un mot, sans un bruit.Avait ouvert l'œil, sorti un pied, enfilé ses bas, refermé les yeux, pincé les lèvres, respiré, longuement.
Il était parti. Corps vide, regard lourd.
Mis une chemise, un pantalon, senti la lettre, dans sa poche, serré les dents, le souffle court.
Il était parti. La lettre avec lui.
Quelques trucs, un sac, ses clefs, son portable, la porte, le couloir, ses pas, le dehors.
Il était parti.
Derrière ses pas, le couloir, la porte, ses gestes, il ne savait pas, ne saurait plus.
vendredi 14 novembre 2008
La fête

Il y aurait une grande fête dans le jardin. Avec des fleurs, des lanternes, et des gâteaux glacés. Elle pourrait boire dans une flûte ce liquide sucré qu'elle aimait tant, celui avec les petites bulles. Au coucher du soleil, elle fermerait les yeux puis les réouvrirait très vite pour surprendre au ciel tout ce rose et ce orange et ce mauve. Tout autour, ils allumeraient les chandelles à la citronnelle qu'elle aurait insérées dans des bocaux multicolores et laisseraient ces fleurs étranges se mouvoir dans la nuit. Elle resterait sous les étoiles jusqu'à ce qu'elles s'éteignent et que le jardin, une à une, retrouve ses couleurs.
jeudi 13 novembre 2008
La collection
Elle possédait une panoplie de carnets, de journaux et de cahiers dont on aimait bien rire. Des petits et des grands, des rigides et des souples, elle les collectionnait.Chacun d'entre eux était choisi, portait en ses couleurs son histoire. Une journée particulière, le sourire d'un étranger, un coup de cœur: à l'intérieur, déjà, son souffle en caressait les pages.
Elle aimait le son produit par le glissement de sa plume sur le blanc. D'une courbe à l'autre, elle chuchotait au monde sa présence, le tatouait de bleu.
mercredi 12 novembre 2008
Les étoiles
L'Amoureux 1
Ce matin-là, à la sortie de la douche, l'Amoureux avait noué les coins de sa serviette de bain autour de son cou, ce serait sa cape pour voler.Ce matin-là, il était un super-héros, il lui ferait des gaufres.
À la table, il avait pris une voix grave, lui avait fait goûter son breuvage spécial, un lait au chocolat, et lui avait transmis quelques pouvoirs en l'embrassant très vite, couvrant leurs visages de sa cape.
Un super-héros amoureux d'une fée, on n'avait jamais vu ça.
Tourbillon
tu aimais les couleurs, les bouquets de crayons, les pastilles à l'eau, les bocaux de pigments, les bâtons poudreux, tu aimais les couleurs, sur les murs, du jaune du orange du vert, aux rideaux, du bleu du turquoise du mauve, sur les tasses, du violet du lilas du turquoise, tu aimais les couleurs, ombres à paupières, crayons contours, brillants à lèvres, poudres à joues, tu aimais les couleurs, boucles roses, breloques vermeille, bracelets corail, barrettes framboise, tu aimais les couleurs, travailler les couleurs, tu aimais les couleurs, t'entourer de couleurs, tu aimais les couleurs, te couvrir de couleurs, tu aimais les couleurs, tu aimais les couleurs
mardi 11 novembre 2008
Lumière
À sa table de cuisine, elle attendait immobile, à sa table de cuisine, une tasse brûlante entre les doigts.
À la fenêtre, déjà, les pots couleurs se traçaient autres, et l'horloge, animée, marquait de bleu le pouls du jour.
Dehors, les rêves envolés, dehors, le ciel et sa lumière.
Le jour repeignait les carreaux de la fenêtre.
lundi 10 novembre 2008
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