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mardi 15 septembre 2009

Automne

Retour à la maison, à la table et la fenêtre, aux carnets qui se remplissent, s'empilent. L'automne, déjà, bien vivant à la sortie des vacances. Sur le trottoir, tout en bas, les petites filles et les vestes qu'on enfile par-dessus les robes, les feuilles éparses et leur craquement sec sous la semelle. Sur le chemin du retour, à l'île du Prince Édouard, les feuilles étaient jaunes, puis rouges. On vendait des citrouilles au bord des routes.

vendredi 28 août 2009

Les pieds dans le sable


Notre voyage aux îles aura son propre carnet, son propre journal ...

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samedi 22 août 2009

À la maison

En vacances à la maison. Les petites confitures le matin et le pain qui fait des miettes. Les marches tard le soir, la maman mouffette et ses bébés dans le jardin. La couette fleurie et la courtepointe, en boule, dans un coin de la chambre. Les foulards brillants, les livres en piles, avec les princesses et les tours. Comme avant. Et cette plante grasse que je rapporte avec moi parce que trop arrosée là-bas, à la ville. Pour que tu la sauves, papa. Des petites choses comme ça, derrière les fenêtres blanches, les planches de bois bleues. Des petites choses qui comptent quand les jours, les étés, ne s'étirent plus comme avant.

vendredi 21 août 2009

Préparatifs


On part dans une semaine et rien n'est prêt. Il n'y a que le chalet, là-bas, et le bateau aussi, qui nous attendent, paisibles. Le reste traîne encore dans les placards. Il faut choisir les livres à apporter, ceux qui reviendront avec du sable entre les pages, et le meilleur cahier aussi. Pour écrire sur la plage, sur le balcon, sous la couette, dans la voiture, sur le pont, le meilleur de tous les cahiers.

mardi 11 août 2009

Vraiment trop hâte

Le 3 septembre, nous serons sur l'eau. En route, sur le bateau.

lundi 10 août 2009

Les îles

On part aux îles, les îles de mon papa. Les îles de mon enfance. Les îles-de-la-Madeleine. En septembre. 7 dodos dans une petite maison, tout au bord de l'eau, du sable, de l'horizon. 7 dodos à nous. Loin, loin.

P.S.: Je ne vous oublie pas. C'est seulement que j'écris autre chose, ailleurs, ces temps-ci. Je reviendrai. Avec du sable dans mes cahiers.

lundi 29 juin 2009

Dahlia

Je suis allée passer le weekend au chalet bleu de ma tante Manon, au bord d'un lac perdu dans les montagnes. Avec des colibris partout. Là-bas, j'ai écrit, beaucoup. Quelque chose se dessine enfin. Une forme différente. Des images plus vraies. Sur la photo, un dahlia géant. Non, il n'est pas en plastique.

mardi 26 mai 2009

Racines

Un fragment de mes jardins en boîtes ...

samedi 23 mai 2009

Les clochettes

Au retour, la rue Marquette m'a fait du bien avec ces parterres inégaux, ses mauvaises herbes et ses tiges de pissenlits depuis trop longtemps envolés. Au détour d'un arbre, accroupies en bordure d'une clôture, deux fillettes aux robes soleil. «Ça sent les clochettes», a murmuré l'une d'elles. Sous leurs jupes gonflées de vent, un tapis de fleurs blanches. J'ai fermé les yeux. Du muguet.

lundi 13 avril 2009

Limonade

Elles vendaient de la limonade. Sur le coin de la rue. S'étaient installées à une petite table. Avec leurs citrons bien pressés, leurs verres de plastique et une assiette de biscuits fraîchement sortis de leur emballage. "Pour ramasser des sous pour les enfants pauvres de l'Afrique. Et leur envoyer des petits animaux de compagnie". On ne pouvait que les encourager. Parce qu'à 7 ans, on aurait tant voulu. Nous nous sommes approchées. Avons commandé deux verres de limonade "s'il-vous-plaît" sans demander comment elles enverraient les petits animaux de compagnie là-bas. Mais il ne restait qu'un verre de limonade. Que la petite avait commencé à boire. "On peut partager si tu veux". Elle a versé la moitié de son verre dans un second verre. Déjà utilisé celui-là. Et nous avons dégusté le tout à petites gorgées. En prenant bien soin de ne pas avaler les pépins.

dimanche 12 avril 2009

La bascule

Nous ferons de l'océan un parc pour jouer, de nos rives opposées les dossiers d'une bascule. Et d'un élan à l'autre, nous nous partagerons la lumière, tirant tour à tour sur la nuit, puis sur le jour.

samedi 11 avril 2009

Là-bas

Cette nuit, là-bas, tout là-bas, tu célèbreras ton anniversaire, marquant le ciel de voeux secrets. Derrière toi, à mon réveil, quelques gorgées de jour à partager, vingt-sept étoiles sur lesquelles souffler.

vendredi 10 avril 2009

L'oreiller

J'ai mis mon pyjama sous ton oreiller. Pour faire comme si. Comme si tu étais là pour le creuser puis l'écraser puis le déformer encore. Pour le réchauffer aussi. Pour faire comme si. Comme si tu étais là.

mercredi 8 avril 2009

Le départ

Il avait disparu. Un sac sur l'épaule, l'autre derrière, avait aisément passé les portes qui vous sépareraient pour la prochaine semaine. Tu avais agité la main au dernier moment, juste au cas. Il ne s'était pas retourné, trop heureux de s'envoler pour la première fois peut-être. Alors tu avais serré ton écharpe, crispé les doigts, juste un peu, et tourné les talons. Pris le chemin du retour.

vendredi 20 mars 2009

Philippe et le bonheur

«... on est amoureux qu'à bicyclette»
Philippe Delerm
La journée serait consacrée à la maison de livres. Quelques formulaires à compléter, tant de manuscrits à feuilleter. Et puis finalement. Il vaudrait mieux rester à la maison. Pour les lectures. Plus pressantes, celles-là. Avec l'université qui reprendrait bien un jour. Mais tout à coup, se balançant sur le crochet du couloir, un petit sac rempli de livres à faire rêver. Les livres d'Anna, oubliés là depuis l'automne. Il serait bon de les lui rapporter avant le printemps. Aujourd'hui? Demain? Pas le choix. Il n'y aurait ni maison de livres, ni lectures sérieuses. Que des jardins de mots, des fleurs de papier. Ne restait plus qu'à s'y plonger.

«Chez Philippe Delerm, le bonheur est indissociable de la mémoire, de cette lutte de tous les instants pour échapper au vide, à l’anonymat. Indissociable également du regard que nous portons sur notre vie, sur les gens qui la traversent, certains sans laisser de traces et d’autres qui en modifieront parfois le cours irréversiblement. Indissociable surtout de tous ces plaisirs minuscules qu'il sait si bien décrire»

mardi 17 mars 2009

Pour Anna

Chère Anna,
As-tu entendu, ce matin, les pas sur le toit? Ce n'était pas ton funambule, loin de là. Plutôt des raccommodeurs de ciel, voilà. Apparus aux aurores, ils ont fait fuir les étoiles et dévier le tracé des oies sauvages. Depuis, ils font vibrer les murs et s'effriter les plafonds. Ici, il pleut des cailloux. J'ai fermé la porte du vestibule. Juste au cas. Et je croise les doigts. Pour que tout finisse très vite. En attendant, je prépare des paniers de cailloux. Je t'en garde un tout près. Pour ton balcon, cet été.
Je pense à toi,
Marie

dimanche 15 mars 2009

Les rideaux de pluie


La cabane-maison devrait rester dans l'arbre. Tu partirais. Laisserais derrière la petite véranda et les rideaux de pluie, l'aquarium du vestibule et les grandes symphonies. Tu partirais. Empilerais les boîtes pour une maison au toit bien découpé. T'agripperais à la grande échelle sans plus regarder. En espérant que les plafonds, là-bas, ne soient pas tout aussi barbouillés de nuages.

vendredi 27 février 2009

La grande symphonie

Il pleuvait. Dans l'aquarium du vestibule, les courants étaient de plus en plus forts, emportaient les étoiles en petits tourbillons. De l'autre côté de la porte, les armoires étaient vides et le plancher du salon, recouvert de chaudières, de bacs, de pots, de bols et de tasses de toutes sortes. Le plafond était troué de ciel. Il y aurait une grande symphonie.

lundi 16 février 2009

La belle histoire

On racontait une histoire en bas. Chez les voisins. Des Portugais. Ils parlaient fort. Je ne savais pas si c'était une belle histoire. Peut-être à cause de cette langue que je ne comprenais pas. J'avais tout arrêté. Pour écouter. Cette histoire qui devait être belle. Qui devait finir bien. C'est là qu'ils se sont tus. Dans ma cuisine, je n'entendais plus. Ils chuchotaient. De la belle histoire, il ne restait qu'un souffle. Quelques remous. Un courant froid sous le linoléum. Je me suis étendue sur le sol. Lentement. Pour écouter. La belle histoire. J'ai fermé les yeux. Pour bien entendre la fin. Une fin heureuse s'il-vous-plaît.

jeudi 12 février 2009

L'aquarium

C'était la nuit. Une nuit de presque printemps. De pluie. Je dansais sur un rythme lent et étrange. Portais de longues jupes. Jouais des castagnettes. Plic ploc. Tu as sursauté avant moi. Interrompu ma danse. De l'eau. Fait s'évanouir mes jupes. Le vestibule. S'envoler les castagnettes. Encore.

Pieds nus, nous avons découvert le trou béant qui avait remplacé notre plafond. Un trou pour voir le ciel. Pour accueillir les oiseaux, le soleil, les papillons. Et la pluie. Notre cabane-maison s'était ouverte au dehors. Et nous avions de l'eau aux chevilles. J'ai dit "ça sent la mer".

De petits tourbillons se formaient entre mes orteils. Caressaient les algues apparues dans mes bottes. Emportaient les poissons prenant vie dans les tiennes. Tu as demandé "et si on coule?" Mais nous n'avions pas de bateau. Qu'une cabane-maison qui prenait l'eau.

J'ai refermé la porte vitrée du vestibule. Pour que le ciel s'y déverse. Tranquillement. Et qu'on y regarde tomber les étoiles. Les pieds au sec.