«Beaucoup de gens dans ce monde habitent des maisons de briques et peuvent ignorer le monde extérieur. Mais mon esprit demeure sous les arbres, à ciel ouvert, reçoit directement les messages que lui apporte le vent, et, du fond de son être, répond à toutes les cadences musicales de la lumière et de l'ombre»Rabindranath Tagore, La maison et le monde
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mardi 17 mars 2009
Cabanes
Pour Anna
Chère Anna,As-tu entendu, ce matin, les pas sur le toit? Ce n'était pas ton funambule, loin de là. Plutôt des raccommodeurs de ciel, voilà. Apparus aux aurores, ils ont fait fuir les étoiles et dévier le tracé des oies sauvages. Depuis, ils font vibrer les murs et s'effriter les plafonds. Ici, il pleut des cailloux. J'ai fermé la porte du vestibule. Juste au cas. Et je croise les doigts. Pour que tout finisse très vite. En attendant, je prépare des paniers de cailloux. Je t'en garde un tout près. Pour ton balcon, cet été.
Je pense à toi,
Marie
Je pense à toi,
Marie
dimanche 15 mars 2009
Les rideaux de pluie

La cabane-maison devrait rester dans l'arbre. Tu partirais. Laisserais derrière la petite véranda et les rideaux de pluie, l'aquarium du vestibule et les grandes symphonies. Tu partirais. Empilerais les boîtes pour une maison au toit bien découpé. T'agripperais à la grande échelle sans plus regarder. En espérant que les plafonds, là-bas, ne soient pas tout aussi barbouillés de nuages.
vendredi 6 mars 2009
C'était l'été
Il y avait la rivière et le trampoline, la grotte hantée et le quai pour rêver. Et ces cabanes fragiles, tout là-bas sur la grève, comme des maisons d'enfants, pour jouer, oublier. C'était l'été. Un soir de septembre, nous étions revenus. Dans la tempête, des babioles oubliées, nos pas contre les planches fatiguées de la cabane. Derrière nous, la porte avait grincé. Une toute dernière fois. C'était la fin. La fin de ces étés.
jeudi 19 février 2009
Les maisons-îles
Tant de maisons derrière toi. Portes closes, rideaux tirés. Des maisons coupées du monde. Avec leurs rêves et leur mémoire. Des maisons à la dérive. Bleus enfuis. Tatous mouvants. Comme des petits bouts de toi. Des maisons-îles. Éparpillées. Comme des petits bouts de moi. Grains de sable sur fond de vent.
lundi 19 janvier 2009
La cabane-maison
Nous habitions un petit bout de maison. Tu appelais ça notre cabane-maison. Et ça me faisait rire. Quelques morceaux de murs, un plafond aux mille plic-ploc, du vent entre les orteils... Nous y étions bien. Notre cabane aurait pu être perchée au sommet d'un arbre ou piquée entre deux sapins, la vie n'aurait été que plus belle. Vivre pour jouer ou jouer pour vivre. Dans notre petit bout de monde, le but du jeu, c'était d'être heureux.
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