Il pleuvait. Dans l'aquarium du vestibule, les courants étaient de plus en plus forts, emportaient les étoiles en petits tourbillons. De l'autre côté de la porte, les armoires étaient vides et le plancher du salon, recouvert de chaudières, de bacs, de pots, de bols et de tasses de toutes sortes. Le plafond était troué de ciel. Il y aurait une grande symphonie.
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vendredi 27 février 2009
lundi 16 février 2009
La belle histoire
On racontait une histoire en bas. Chez les voisins. Des Portugais. Ils parlaient fort. Je ne savais pas si c'était une belle histoire. Peut-être à cause de cette langue que je ne comprenais pas. J'avais tout arrêté. Pour écouter. Cette histoire qui devait être belle. Qui devait finir bien. C'est là qu'ils se sont tus. Dans ma cuisine, je n'entendais plus. Ils chuchotaient. De la belle histoire, il ne restait qu'un souffle. Quelques remous. Un courant froid sous le linoléum. Je me suis étendue sur le sol. Lentement. Pour écouter. La belle histoire. J'ai fermé les yeux. Pour bien entendre la fin. Une fin heureuse s'il-vous-plaît.
jeudi 12 février 2009
L'aquarium
C'était la nuit. Une nuit de presque printemps. De pluie. Je dansais sur un rythme lent et étrange. Portais de longues jupes. Jouais des castagnettes. Plic ploc. Tu as sursauté avant moi. Interrompu ma danse. De l'eau. Fait s'évanouir mes jupes. Le vestibule. S'envoler les castagnettes. Encore.
Pieds nus, nous avons découvert le trou béant qui avait remplacé notre plafond. Un trou pour voir le ciel. Pour accueillir les oiseaux, le soleil, les papillons. Et la pluie. Notre cabane-maison s'était ouverte au dehors. Et nous avions de l'eau aux chevilles. J'ai dit "ça sent la mer".
De petits tourbillons se formaient entre mes orteils. Caressaient les algues apparues dans mes bottes. Emportaient les poissons prenant vie dans les tiennes. Tu as demandé "et si on coule?" Mais nous n'avions pas de bateau. Qu'une cabane-maison qui prenait l'eau.
J'ai refermé la porte vitrée du vestibule. Pour que le ciel s'y déverse. Tranquillement. Et qu'on y regarde tomber les étoiles. Les pieds au sec.
Pieds nus, nous avons découvert le trou béant qui avait remplacé notre plafond. Un trou pour voir le ciel. Pour accueillir les oiseaux, le soleil, les papillons. Et la pluie. Notre cabane-maison s'était ouverte au dehors. Et nous avions de l'eau aux chevilles. J'ai dit "ça sent la mer".
De petits tourbillons se formaient entre mes orteils. Caressaient les algues apparues dans mes bottes. Emportaient les poissons prenant vie dans les tiennes. Tu as demandé "et si on coule?" Mais nous n'avions pas de bateau. Qu'une cabane-maison qui prenait l'eau.
J'ai refermé la porte vitrée du vestibule. Pour que le ciel s'y déverse. Tranquillement. Et qu'on y regarde tomber les étoiles. Les pieds au sec.
mardi 3 février 2009
Partons
Partons. J'ai mis ma robe fleurie. Avec les pétales mauves. Toi, ton chandail vert. Un arbre. Des feuilles. Partons. Devant, la route. Là-bas, l'horizon. Très loin, notre côte. Te souviens-tu.Au nord. C'était l'été. Le bout du monde. Une famille. Cette cabane. Pour nous. Sur la plage. Te souviens-tu. Les étoiles. Les aurores. Et ce géant sur sa chaise. Toutes ses histoires. Palourdes en poche. Le pêcheur. Les baleines. Son bateau. Les glaciers. Tous les soirs. Pour rêver.
Partons. La route. Ses sapins. Le matin. Un peu plus loin. Et la route. La route. Jusqu'à loin. Très loin. Invitons la famille. La famille de là-bas. La commère. L'épicier. Les petits. Le capitaine. Tous ces visages. Et l'homme aux histoires. Pour qu'il nous raconte. La vie. La mer. Les îles. Leurs secrets. Pour qu'il nous raconte.
Et qu'au milieu de nulle part, nous unissions nos histoires.
mardi 2 décembre 2008
L'Amoureux 3
Il y aurait des lumières partout. L'Amoureux le lui avait promis.À la fenêtre, dans les arbres, au ciel, tout autour.
Il y aurait des lumières partout.
Alors l'Amoureux avait enfilé sa cape, sa cape pour voler, et avait tourné très vite sur lui-même...
De sa fenêtre, la fée l'avait vu tournoyer dans les airs et s'élever très haut dans la nuit.
C'était une nuit noire, une nuit sans étoile.
Elle avait fermé les yeux puis les avait réouverts aussitôt.
C'est alors qu'une pluie de fils scintillants avait troué le ciel d'or.
À la fenêtre, aux arbres, dans le ciel, tout autour, leur regard n'étaient plus que lumière.
lundi 17 novembre 2008
L'Amoureux 2

Lorsqu'il avait monté les escaliers menant à leur château, il n'avait vu aucune lumière à travers la fenêtre. À l'intérieur, il avait dû faire appel à ses pouvoirs pour la retrouver tant il faisait sombre.
Sa fée était malade, bien malade.
Alors, il avait empli la noirceur d'une douce chaleur, laissé de côté sa voix très grave de super-héros et pris celle, plus douce, d'Amoureux pour lui chuchoter un rêve, puis deux.
Puis, il avait revêtu sa cape, sa cape pour voler, et tourné très vite sur lui-même ...
Au réveil, la fée avait de nouveau quelques étoiles au regard.
Dehors, le ciel semblait plus bleu que noir. Il neigeait.
Sa fée était malade, bien malade.
Alors, il avait empli la noirceur d'une douce chaleur, laissé de côté sa voix très grave de super-héros et pris celle, plus douce, d'Amoureux pour lui chuchoter un rêve, puis deux.
Puis, il avait revêtu sa cape, sa cape pour voler, et tourné très vite sur lui-même ...
Au réveil, la fée avait de nouveau quelques étoiles au regard.
Dehors, le ciel semblait plus bleu que noir. Il neigeait.
mercredi 12 novembre 2008
Les étoiles
L'Amoureux 1
Ce matin-là, à la sortie de la douche, l'Amoureux avait noué les coins de sa serviette de bain autour de son cou, ce serait sa cape pour voler.Ce matin-là, il était un super-héros, il lui ferait des gaufres.
À la table, il avait pris une voix grave, lui avait fait goûter son breuvage spécial, un lait au chocolat, et lui avait transmis quelques pouvoirs en l'embrassant très vite, couvrant leurs visages de sa cape.
Un super-héros amoureux d'une fée, on n'avait jamais vu ça.
jeudi 30 octobre 2008
Au retour

Hier soir, après les cours...
J'ai remonté la rue St-Denis, admiré ses lumières et ses cafés, laissant sautiller mon ombre à mes côtés.
Sur les trottoirs nous étions deux, parfois trois, l'une devant, l'autre derrière, ou encore côte à côte.
Hier soir, au retour, nous avons ri de n'entendre que mes pas.
Accrochées l'une à l'autre, nous avons salué le froid.
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