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jeudi 17 décembre 2009

"On sent que si on grandit, c'est pour s'en aller d'ici, ne plus jamais revenir"

Hélène MONETTE, Un jardin dans la nuit

mardi 15 septembre 2009

Automne

Retour à la maison, à la table et la fenêtre, aux carnets qui se remplissent, s'empilent. L'automne, déjà, bien vivant à la sortie des vacances. Sur le trottoir, tout en bas, les petites filles et les vestes qu'on enfile par-dessus les robes, les feuilles éparses et leur craquement sec sous la semelle. Sur le chemin du retour, à l'île du Prince Édouard, les feuilles étaient jaunes, puis rouges. On vendait des citrouilles au bord des routes.

mardi 11 août 2009

Des avions ... de papier

L'écriture à temps plein est plus troublante que je ne l'aurais cru. Beaucoup trop de cahiers déjà remplis, beaucoup trop d'idées drôlement amassées. Pas assez de pages dactylographiées et ce projet qui n'avance pas tant, finalement. Car il est bien plus amusant de travailler d'autres textes que ceux que l'on destine à son projet de maîtrise, c'est bien connu.

En attendant que l'inspiration revienne pour le projet, j'éparpille mes textes ici et là. Une revue, un concours, etc. Espère voir revenir mes avions de papier.

vendredi 15 mai 2009

Découpes

Un parcours autour de lieux émergents, connus ou inventés. Petites découpes à la dérive. Îlots étranges errant d'un rêve à l'autre. D'une main tremblante, un tracé, hésitant, la recherche d'un fil reliant les points, pour qu'encore et toujours se redessine l'histoire.

Mon histoire, ton histoire

Une histoire toute en images. Avec des mots entre les rires. Pour combler les blancs. Une histoire, toujours, inachevée, incomplète. Rythmée par les pages que l'on tourne, les oublis que l'on soupire. Une histoire fragmentée, comme la vie, comme la grande Histoire. Une histoire à raconter pour que dans les yeux de chacun se rêvent les instants à réinventer.

vendredi 20 mars 2009

La cinquième saison

«Ton lit, perdu dans l'océan des livres dispersés, c'était notre refuge, un peu cabane de l'enfance, ou l'éternel radeau de ces naufrages imaginaires ... Je me souviens du temps qu'on a laissé passer dans l'île de ta chambre»

«Et puis, au fil des pages, on découvrait une maison, baignée de soleils d'hiver, et le bleu et le blanc dansaient sur des choses très simples»

«... comme une odeur de café chaud dans le désordre des couleurs, j'avais ma place au creux de ta cuisine»

«Ta voix glissait sur le silence. Je te regardais de dos: tes gestes lents dans la cuisine, avec la lampe boule en papier rose. Odeurs mêlées de citron, de cannelle, c'était toi dans le rose pâle d'une lampe de papier»

La cinquième saison de Philippe Delerm : à lire
a b s o l u m e n t.

mercredi 4 février 2009

Extrait de carnet * 4

J'écris pour cette vie "que l'on ne peut atteindre qu'à travers l'écriture". J'écris pour respirer le mauve du jour. Pour transformer mes peurs en volcans et les escalader, sous le regard bienveillant des étoiles. J'écris aussi pour recoller les morceaux. D'une petite fille un peu brisée peut-être. D'une petite fille transformée en adulte. Et qui cherche un sens. Un fil. Le petit pont qui relie à l'avant, à l'hier. Écrire pour recoller. Pour recoudre. Mes petits bouts de vies. Mes petits bouts de mondes. Tant d'histoires à recolorer. Tant d'images à redécouper. Pour réinventer ma grande histoire. Encore et encore. Et m'y réfugier. La nuit venue.

Extrait de carnet * 3

Écrire, donc, avec pour seuls ancrages quelques étoiles, trois volcans et le bleu de l'ailleurs. Écrire sans forme, sans limite, sans genre. Écrire. Ce qui vient, ce qui va, ce qui émerge aussi, de très loin parfois, et qui s'étend, mot à mot, sur les pages de mon carnet. Je capte et j'écris. Les images, les murmures, les silences, les couleurs. Mais j'invente aussi. Le bonheur et la douleur. Sans me demander ce que c'est. Sans me demander pourquoi ou comment. J'écris. Je ne fais pas de littérature, ce mot bien imprécis qui rythme tant ma vie d'étudiante que celle de la maison de livres où je travaille. J'écris. Pas pour les autres. Mais pour moi. Pour écrire.

Extrait de carnet * 2

Un jour, mes petits bouts de mots, mes morceaux de temps, trouveront eux-aussi leur motif. Et le fil qu'il leur faut. Alors, mes maisons, mes volcans et mes horizons auront trouvé leur place, leur couleur, dans ma grande histoire réinventée. Ce sera ma courtepointe. Ma courtepointe de mots.

En attendant, j'écris. Encore et encore. Je trace les lettres une à une, découpe mes images, les recolle, les colore. Formant ainsi un joyeux fouillis. Ce fouillis, c'est ma liberté à moi, mon coffre à idées, mon inventé. Ce fouillis, c'est mon trajet rempli de détours, ma carte sans point ni étoile. La boussole sans aiguille qui me laisse avancer.

Extrait de carnet * 1

Assise dans ma véranda, je surveille mes chatons qui dorment au soleil. Dans l'arbre, derrière, un oiseau chante. Et cette odeur de printemps qui me donne des ailes. Combien de matinées passées ici à écrire? Combien de pages, de lignes, de mots? Chaque jour, j'écris. Des petits morceaux d'histoires, des petits bouts de vies. Chaque jour, par petites découpes. Je me demande souvent où cela me mènera. Je me dis que je finirai bien par trouver le fil qui saura rassembler tous ces morceaux. Un fil de la bonne grosseur. De la bonne couleur aussi. Un fil solide.

mercredi 28 janvier 2009

Une maison

D'abord une maison. Pour écrire. Juste à côté du monde. Juste à côté de moi. Une maison étrange. À la fois très grande et très petite. Qui ne ressemblerait à rien. Avec des tiroirs à ouvrir, des coffres à dépoussiérer, des breloques à effleurer. Une maison qui se transformerait au fil des mots, des histoires. Des briques. Un peu de bois. De la paille peut-être. Une maison ouverte sur le monde. Une maison au toit ouvert.

mardi 27 janvier 2009

Pour écrire - Duras

"Dans la maison c'était au premier étage que j'écrivais, je n'écrivais pas en bas. Après j'ai écrit au contraire dans la grande pièce centrale du rez-de-chaussée pour être moins seule, peut-être, je ne sais plus, et aussi pour voir le parc"

Marguerite Duras - Écrire

samedi 24 janvier 2009

Pour écrire - suite

Tu écrirais du milieu de ton petit monde, entre les pots de caramel et les plantes parapluies, le chant de la bouilloire et les éclats du dehors. Tu mêlerais leurs histoires à la tienne, réécrirais tout, chaque jour, un peu plus. Laisserais son silence à la petite chambre. Te réfugierais ici. Pour que tes mots se colorent, pour que tes mots prennent vie.

Pour écrire - suite

Ce matin-là, tu avais pris avec toi ton carnet, le plus joli, et quelques livres, pour les avoir tout près. Tu avais quitté la petite chambre, ta table, sa fenêtre, le rideau, avais fait craquer le plancher, un pas à la fois, jusqu'à la cuisine.

Pour écrire

Tu aurais cet espace juste pour toi. Un petit coin tapissé de tes images, une grande table, cette immense fenêtre et son rideau fleuri. Un lieu comme tu en aurais toujours rêvé. Une chambre à toi. Avec tes livres jusqu'au plafond et tes boîtes de papiers, de rubans et de brillants tout près, juste au cas.



vendredi 16 janvier 2009

Mon atelier imaginaire * 1

Mon atelier serait bleu, tout bleu. Avec de grandes fenêtres pour laisser passer la lumière. Dehors, il y aurait du ciel, beaucoup de ciel, et de l'eau aussi, jusqu'à très loin, pour mieux voir l'horizon.

Mon atelier serait rempli de vents. Des vents de la mer et de ses ailleurs. Pour faire danser les voiles suspendus aux fenêtres. Des vents du matin et de la nuit aussi. De vents qui sentiraient bon le temps.